«Mais Émy, sans argent les gens ne voudrons plu travailler !!! »
Je crois que la sociologie a un consensus là dessus, que les gens travaillent même sans récompense financière
Y’a qu’à regarder comment le bénévolat est développé en France, je suis sûre que quasiment tout le monde a été au moins une fois bénévole dans sa vie, ou le sera
Si un métier n’est pas sensé (n’a pas de sens), il n’aura certainement pas ces trois choses et sera aussi certainement nocif pour la société, pour les communs. Alors autant le supprimer !
Si un métier est sensé mais manque d’une ou plusieurs de ces choses : il faut lui donner
Un des métiers les plusse sensés de nos civilisations, c’est certainement celui d’éboueur
Je me souviens avoir vu des reportages qui interrogeaient des éboueurs, qui disaient que c’était un métier très gratifiant pour certains d’entre eux, qu’ils aiment ça, que pour certains c’était même une vocation
Pourtant il n’est pas valorisant : il est rabaissé et utilisé pour faire peur aux enfants
Il faut donner sa valorisation au travail d’éboueur, et ça peut passer par plein de choses, mais ce à quoi j’ai pensé, c’était de lui donner la part de social qu’avaient les facteurs avant
Le métier de facteur est aussi un métier extrêmement censé, probablement un de ces métiers qui autrefois possédaient tous les critères que j’ai mentionné plus haut (sensé, gratifiant, valorisant, épanouissant)
C’est un métier qui faisait rêvé beaucoup de gamin-e-s, un métier qui fait voyager, rencontrer des gens, discuter avec elleux, qui rend immédiatement utile !
C’est un métier qui, avant d’être ruiné par la course à la productivité, au flicage constant et à la maximisation de la rentabilité était un cas d’école de ce que je veux décrire comme un travail attirant, un travail qui n’a pas *besoin* de la carotte de l’argent pour que des gens veuillent le faire
* l’épanouissent a disparu en premier : l’école m’a traumatisée, il m’était désormais impossible de m’épanouir dans un tel contexte
* la valorisation a suivi : tous mes infodump étaient mal vus par mes proches ou ma communauté, j’étais vue comme celle «qui sait tout», celle qui est barbante, celle qui «veut se la ramener», alors je ne pouvais plu trouver de valorisation dans le partage de savoirs qui me plaisaient
* la gratification : impossible de trouver du plaisir, une satisfaction, dans un environnement malsain pour moi
Tout ça pour dire qu’une société sans argent, avec des gens qui travaillent pour les communs, c’est possible, c’est souhaitable, ça rendrait le monde incroyablement meilleur
Chacun-e aurait un ou plusieurs travail-s, un de ceux qui font que l’on se sent bien, à notre place, qu’on se sent utile pour tout le monde
Tous les métiers qui n’ont pas de sens pour le bien commun n’auraient aucune raison d’exister, adieu donc tous les bullshit jobs
Et les gens qui ont besoin d’arrêter de travailler, pour un temps plusse ou moinsse long, auraient la possibilité de le faire
Moi c’est dans cette société que je crois, une société où l’argent n’existe pas, une société où l’argent lui même ne serait pas sensé
Car la société entière serait tournée vers les communs, vers la gratification individuelle et collective, vers la valorisation individuelle et collective ainsi que vers l’épanouissement individuel et collectif